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Bon, les enfants ont fini de jouer et ont été punis.
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 Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"

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MessageSujet: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Dim 30 Oct - 3:49




Elias Bruno De Nofio



Hello! Je me présente: Elias Bruno De Nofio. Je suis né(e) le 14 mai 1984 et je viens de Milan, quelque part en Italie, ce qui me fait aujourd'hui 27 ans. Côté coeur, je suis célibataire et attiré(e) par les filles. D'ailleurs, on dit de moi que je suis une personne plutôt fidèle de ce côté-ci. Pour en finir avec cette introduction, sachez que je fais partie des habitants et que je suis un scénario crée par -Cheryl Renfield-


dossier en béton



TAILLE EN CM:POIDS EN KG:
ÉTUDES:NIVEAU D'ÉTUDES:
MALADIE:EMPLOI:
NIVEAU DE VIE:COMPLEXE:
STYLE (vestimentaire):POPULARITÉ: ★★★★★




Des soucis avec ta famille ?


J'ai perdu ma mère il y a maintenant 11 ans. Je vous mentirais si je vous disais que nous étions très proches mais il est certain que sa mort m'a beaucoup affecté: elle aura toujours une place spéciale au fond de mon cœur.

Concernant mon père, je peux difficilement définir la relation que nous entretenons dans la mesure où l'on ne se parle que très rarement. La distance qui nous sépare n'est pas le nœud du problème: ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. La vérité, c'est que certaines blessures du passé mettent parfois beaucoup de temps à se refermer. Celle qui m'a éloigné de mon père n'a pas encore cicatrisé.

Ton caractère


Lorsqu'on sait dans quel luxe je suis né, il est facile de se faire une fausse idée sur moi. La nature humaine pousse les gens à avoir des préjugés bien fondés sur des personnes qu'ils n'ont pourtant jamais fréquentées. Par expérience, j'ai appris à ne plus faire attention aux bruits de couloirs mais je peux vous dire qu'on m’a déjà décrit de mille et une façons. Pourtant, chacun de ces portraits était bien loin de la vérité et pour cause puisque moi même, j'ai parfois bien du mal à savoir qui je suis. Si je devais oser une comparaison, j'aurais tendance à dire que mon esprit est aussi vaste qu'un labyrinthe: on s'imagine toujours qu'on est à deux doigts de cerner ma personnalité mais au final, on se retrouve toujours dans une impasse. Selon mes humeurs, je peux être un véritable bout en train ou bien alors me terrer dans ma solitude: je suis un peu comme Docteur Jekyll et Mister Hyde. Ce qui me rend unique? Je pense que c'est justement le fait d'être aussi imprévisible. Je suis certain que même mon amie la plus proche arrive encore à être surprise par certaines de mes réactions alors que l'on a pratiquement tout partagé ensemble.

Dit comme cela, je pourrais donc facilement passer pour une plaie dont on a envie de se débarrasser mais croyez-le ou non, j'ai toujours eu la chance d'être bien entouré. Je pense que mes amis m'apprécient avant tout parce qu'ils savent que je ne serais jamais capable d'abandonner quelqu'un que j'aime si celui-ci se trouve dans la difficulté: c'est le bonheur de mes proches qui m'a toujours donné le sourire. D'ailleurs, on m'a souvent confié que ma gentillesse me perdrait mais j'ai beau être un homme complexe, je possède un cœur en or et ça, personne ne pourra me l'enlever. Renfermé et réservé, je déteste me mettre en avant: il m'arrive de jouer les vantards mais je le fais uniquement pour délirer. Aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai également beaucoup de mal à accepter les louanges: c'est d'ailleurs le meilleur moyen de me faire rougir. On pourrait donc imaginer que je manque de confiance en mes capacités mais il n'en est rien. Paradoxalement, je suis même une personne très ambitieuse: je n'ai jamais reculé devant un défi. D'ailleurs, je me suis toujours fixé des objectifs pour décupler ma motivation.

Je n'ai également pas peur de reconnaître que je suis un éternel romantique. A mes yeux, l'amour est un sentiment noble que l‘on ne peut pas décrire tant qu‘on y a pas goûté par ses propres moyens. D’ailleurs, je pense que je n‘ai jamais été aussi heureux que lorsque j‘ai offert les clés de mon cœur à une jeune fille. J'en ai parfois souffert mais cela ne m'a pas conduit à changer mon fusil d'épaule. C'est sûrement pour cette raison que je suis aussi d'un naturel sensible. Je ne le crie pas sur tous les toits mais j'ai la larme facile: j'évite néanmoins d'ouvrir la fontaine en public.

Cependant, je n'affirme pas que je suis un être unique qui ne dégage que des qualités. En effet, je cache une autre personnalité beaucoup plus sombre et mystérieuse qui s'explique par un passé complexe à gérer. Je ressens constamment le besoin de m'isoler quand beaucoup de questions se bousculent dans ma tête. Je n'ai jamais su d'où cela provenait mais sans nul doute qu'un sentiment de culpabilité remonte à la surface dès lors que le destin me pousse à me remette en cause. Je peux alors devenir quelqu'un de très froid et mieux vaut éviter de croiser mon chemin. Même si je déteste la violence, je suis également très agressif lorsqu'on s'attaque aux personnes qui occupent une place dans mon cœur et je sais parfaitement me défendre en toutes circonstances.

En d'autres termes, je ne suis pas le comique de service mais ne comptez par sur moi pour être sérieux à chaque seconde de mon existence: je ne suis ni tout blanc, ni tout noir. J'ai une âme de solitaire et pourtant, je garde un œil attentif à tout ce qui se passer dans mon entourage. En clair, je suis une énigme à moi tout seul et bien malin celui qui parviendra à la résoudre...



vous irl



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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Dim 30 Oct - 3:50


ton histoire



On a chacun sa propre histoire et même si cela n'engage que moi, j'aime à penser que nous avons tous notre propre destinée. En réalité, nous sommes souvent spectateurs du monde qui nous entoure: on a beau essayer de changer le cours des événements, on finit tôt ou tard par subir le sort que le ciel nous avait réservés. Cela ne veut pas dire pour autant que l'on emprunte forcément la route que l'on nous avait indiqués de prendre: parfois, on se permet d'effectuer quelques détours mais au bout du compte, notre point de chute est toujours celui qu'on était censé rejoindre. D'ailleurs, ne dit-on pas que tous les chemins mènent à Rome? Dans un sens, notre existence ressemble à s'y méprendre à celle d'un livre: notre vie se décompose en plusieurs chapitres et qu'elle soit courte ou longue, celle-ci doit malheureusement s'achever un jour ou l'autre. D'ailleurs, quand on déteste un récit, on peut refermer le livre et choisir de ne jamais connaître la suite de son contenu ou bien alors déchirer certaines pages pour laisser notre imagination prendre le relais mais au fond, on sait parfaitement qu'il nous sera impossible de changer une œuvre dont nous ne sommes pas l'auteur: il en va de même pour notre existence. Dans l'absolu, on nous laisse carte blanche et on peut donc planifier notre avenir comme on l'entend mais il est rare que tout se passe comme on l'avait prévu: les aléas du destin nous réservent souvent de drôles de surprises et pour survivre, il faut savoir s'en accommoder. De ce côté là, je dois bien avouer que sur un plan personnel, j'ai été servi: je vous laisse en juger par vous-même. Je m'appelle Elias Bruno De Nofio et voici mon histoire...

1) Luxe n'est pas forcément synonyme de bonheur

Je suis né le 14 mai 1984 dans l'un des quartiers les plus riches de Milan. Dès mes premiers balbutiements, ma voie semblait alors toute tracée: la richesse de mes parents devait m'assurer un avenir radieux loin des difficultés et de la souffrance que l'on doit souvent éprouver pour atteindre les buts qu'on s'est fixé dans la vie. Je suis choyé comme un prince, élevé dans le luxe le plus raffiné où l'abondance des biens est telle que cela en devient presque indécent. Ayant attendu un long moment avant cet heureux événement, mes parents me voient rapidement comme le petit rayon de soleil qui illumine leur quotidien.

Les années passent et alors que je prononce mes premiers mots, je vois également le monde extérieur sous un nouvel angle. Bien qu'étant incapable de décrire précisément ce qui se déroule devant mes yeux, je comprends que la fortune sa paye au prix fort. Mes parents occupant tous deux des postes importants, je compte souvent les heures passer en leur compagnie: elles se font de plus en plus rares tant et si bien que leur manque d'affection à mon égard devient un vide qu'aucun cadeau ne peut remplacer. Ayant la sensation d'être relégué au second plan, j'effectue mes premiers pas à l'école sans avoir le moindre repère: comme souvent, ma mère et mon père sont trop occupés pour me rassurer et m'indiquer la bonne marche à suivre. Pourtant, les cours vont rapidement devenir ma bouée de sauvetage...

Sans doute lassé par les présents que je reçois à la pelle, je laisse de côté mes jouets pour me concentrer sur mes devoirs. Les résultats ne se font pas attendre et à ma grande surprise, je me rends compte que cela provoque un impact positif sur mes parents qui m'encouragent à redoubler d'efforts. Galvanisé par cet essai qui s'avère concluant sur toute la ligne, je cravache pour rester au sommet de la hiérarchie: je ne cherche pas à être meilleur que les autres mais simplement à ne pas retomber dans cette indifférence qui m'a poursuivi durant toute mon enfance. Les mois s'enchaînent, les saisons se suivent inexorablement et pourtant le même rituel semble se prolonger éternellement. Pourtant, si je m'en tire avec les honneurs dans la plupart des matières, j'éprouve des difficultés récurrentes en mathématiques tant et si bien que mes parents décident de me payer des cours particuliers afin que je rattrape mon retard. Ils n'en sont pas conscients mais sans le vouloir, ils viennent de m'envoyer tout droit dans la gueule du loup...

2) Premier drame: reflet d'un avenir tourmenté?

Le drame se produit au mois d'avril alors que l'année scolaire rentre dans sa dernière ligne droite: à cette époque, je n'ai alors que 11 ans. J'ai beau être plutôt mature pour mon âge, je vois encore le monde avec mes yeux d'enfant: je baigne dans l'insouciance n'étant pas véritablement conscient de toutes les tragédies qui se jouent autour de moi. Cela fait déjà plusieurs semaines que je travaille en compagnie d'un homme afin de gommer mes carences en mathématiques. Jusqu'à présent, je l'ai toujours trouvé sympathique d'autant plus qu'il ne m'engueule jamais lorsque je commets des erreurs. Il m'apporte de nombreux conseils et semble m'accorder beaucoup d'attention ce que mes parents sont incapables de faire: naïf, je pense simplement que c'est un homme gentil et dévoué alors que la réalité est infiniment plus sordide. Un soir, nous sommes seuls dans la maison: la bonne est en retard et elle ne semble pas décidée à pointer le bout de son nez. L'occasion est trop belle et le professeur décide alors de dévoiler son vrai visage. Plongé dans un exercice, je sens soudainement des mains se poser sur mes épaules: l'homme est derrière moi mais je ne me doute pas encore du danger qui me guette. Concentré sur mon devoir, je commence à éprouver un certain malaise lorsque l'individu passe ses bras autour de mon torse. Des frissons me parcourent la peau tandis que mon professeur vient déposer un bisou sur ma joue. Inquiet, je tente de me dégager de son étreinte mais le pervers refuse de me lâcher. Me sentant désormais en danger, je mords sa main parvenant ainsi à m'échapper. Mon but est alors de rejoindre ma chambre pour m'y enfermer à double tour mais malgré tous mes efforts, mon agresseur me rattrape avant que je n'atteigne l'objectif que je m'étais fixé. Je lui impose alors une résistance farouche mais le rapport de force est évidemment inégal. Me sachant pris au piège, je tente alors un dernier coup de poker en criant à l'aide mais l'homme me donne une violente claque histoire de me faire taire. Je suis apeuré, terrorisé ayant alors l'impression que je n'ai plus aucun moyen de m'en sortir. L'homme me déshabille et je me retrouve bientôt presque nu: je ferme alors les yeux priant simplement pour que ce cauchemar se termine rapidement. Mon cœur bat la chamade tandis que je sens les mains de l'individu parcourir chaque parcelle de ma peau: je suis pétrifié n'essayant même plus de me débattre. J'aimerais juste que tout soit terminé...

Mon calvaire se prolonge encore quelques minutes puis je suis finalement sauvé par le gong. La bonne débarque brusquement à la maison et lorsqu'elle aperçoit le terrible spectacle qui se déroule devant ses yeux, elle s'empresse d'intervenir. Devant la détermination affichée par la jeune femme, l'homme ne demande pas son reste prenant immédiatement la fuite. Tout danger étant désormais écarté, la bonne vole à mon secours. Elle me questionne pour savoir dans quel état je suis mais de mon côté, je garde le silence n'esquissant pas le moindre geste: je suis secoué et encore, le mot est faible.

Dans les jours qui suivent, mes parents s'empressent de me faire passer quelques examens: il aurait finalement fallu qu'un tel drame se produise pour qu'il daigne m'accorder un peu d'intérêt. Heureusement, les résultats ne révèlent aucune anomalie mais le plus dur n'est pas encore passé: je dois désormais reprendre le dessus psychologiquement et cela s'annonce plus que coriace. Par la suite, je suis donc suivi par un psychiatre mais dans un premier temps, l'expérience ne donne pas le résultat escompté. Pourtant, l'homme ne se décourage pas étant persuadé qu'il peut m'aider à remonter la pente. Peu à peu, sa détermination se révèle payante et je me surprends à lui livrer des confidences que j'avais enfermé à double tour au fond de mon cœur. Je suis alors soulagé de m'être libéré de cet énorme poids. La blessure est encore profonde mais je sais désormais que j'ai effectué un premier pas vers la guérison.

Désormais adolescent, j'ouvre un nouveau chapitre de mon existence et celui-ci ne va pas démarrer sous les meilleurs auspices. Lorsque j'effectue mes premiers pas dans mon nouvel établissement, je me démarque de mes collègues qui me trouvent beaucoup trop sérieux: ils me collent aussitôt l'étiquette du coincé de service. J'aurais pu m'en offusquer mais toutes ces considérations me laissent de marbre: dans mon fort intérieur, je crois dur comme fer que l'opinion de simples inconnus ne sera jamais en mesure de me porter préjudice. Suis-je trop confiant? Toujours est-il que je vais vite déchanter...

J'ai beau ignorer les remarques désobligeantes que j'entends à longueur de journée, je ne suis pas totalement dépourvu de sensibilité. En voulant me persuader que ma force de caractère suffirait à elle seule à repousser les attaques dont j'étais victime, j'en ai oublié que j'avais changé de dimension: le temps des enfantillages n'est plus à l'ordre du jour. J'ai négligé beaucoup de paramètres et je ne tarde pas à comprendre que je suis en position de faiblesse. A l'école, j'étais peut-être déjà seul mais c'était un choix délibéré de ma part alors qu'au collège, je me suis mis à l'écart parce qu'on me l'a imposé: cette simple constatation fait toute la différence. Inquiet en voyant la tournure que prennent les événements, je cherche une porte de secours et j'ai alors dans l'idée de solliciter la bienveillance de ma mère. Cependant, après maintes réflexions, je réalise que cette solution n'est pas la bonne attitude à adopter: je ne suis plus un gamin et je n'ai aucune envie de reculer pour mieux sauter par la suite.

Désireux de ne plus être le souffre-douleur de ma classe, j'emploie alors différentes stratégies pour sortir de cette impasse: seulement rien n'y fait. Au contraire, plus les semaines passent, plus les taquineries de mes camarades atteignent un degré de méchanceté qui dépasse l'entendement. A bout de souffle et ne me battant pas à armes égales, je cède prise en un laps de temps assez court me préparant déjà à vivre une année en enfer: je n'imagine pas un seul instant qu'un miracle va se produire.

3) L'amitié dans toute sa splendeur

Un matin d'hiver, la neige a recouvert Milan d'un épais manteau blanc. Le paysage est magnifique mais cette météo pour le moins frileuse n'est pas faite pour me réjouir: dans un tel contexte, je dirai même qu'elle est synonyme de tous les dangers. C'est donc sur la pointe des pieds que je me rends à mon collège priant simplement pour que les petits rigolos de service affichent un peu de complaisance à mon égard. Malheureusement pour moi, ils ne semblent pas décider à m'accorder un répit et j'ai à peine eu le temps de pénétrer dans la cour de l'établissement que déjà, je reçois une boule de neige en pleine figure. L'imbécilité étant contagieuse, je ne tarde pas à devenir une cible de choix mais je ne cherche pas à riposter: à quoi bon les exciter davantage? Résigné à passer un mauvais quart d'heure, je suis le premier surpris à l'instant même où j'entends une voix s'élever au milieu de la foule. Je comprends tout de suite que cette personne s'oppose à ces énergumènes mais si je suis content qu'elle prenne ma défense, je suis déjà persuadé qu'elle va regretter son geste en une fraction de seconde. Pourtant, il n'en est rien et le jeune homme qui a subitement durci le ton semble carrément avoir envoûté la cour toute entière: un silence de plomb règne désormais autour de moi mais je ne parviens pas encore à distinguer mon sauveur car la neige m'aveugle les yeux. Quand je retrouve enfin mes esprits ainsi qu'un semblant de vue, je suis à deux doigts de frôler l'arrêt cardiaque. Ai-je brusquement perdu le sens des réalités? J'ai beau le fixer du regard, je suis ébahi par ce que je vois: à mes côtés, se tient la coqueluche de ce collège. L'étudiant est une véritable armoire à glace et déjà que je ne suis pas très costaux à cette époque, j'ai l'air d'une pitoyable mauviette en me situant si près de lui. Le contraste est affligeant dans tous les sens du terme car tout nous oppose littéralement: populaire à l'extrême, le jeune homme a obtenu le respect de tous ses collègues alors qu'en ce qui me concerne, je suis devenue la risée de tout l'établissement. Randy continue de passer un véritable savon à ses camarades tandis que de mon côté, je peine toujours à réaliser que le chouchou de ses dames est intervenu en ma faveur. Les minutes s’égrènent puis le jeune homme demande à tout le monde de se disperser sur-le-champ: il dégage une telle aura que chacun s'exécute alors sans broncher. Randy reporte son attention sur moi tout en affichant un regard beaucoup plus apaisé mais je suis tellement impressionné par l'étudiant que je ne bouge pas une oreille: à peine, parviens-je à murmurer un simple merci pour lui témoigner une marque de respect.

Une année s'est écoulée et le moins que l'on puisse dire, c'est que cette rencontre a considérablement modifié la donne. A mes yeux, cet événement est même à marquer d'une pierre blanche car si les persécutions dont j'étais victime n'avaient pas cessé, il y a fort à parier que j'aurais fini par poursuivre mes études dans un autre collège: comme quoi, un simple détail peut parfois changer le cours de toute une vie. Désormais, j'ai acquis mes lettres de noblesse: je ne me serai jamais permis de dire que je faisais l'unanimité au sein de mon établissement mais il est clair qu'on ne se risquait plus à me chercher des noises. Dans l'absolu, je peux même me targuer de posséder une belle côte de popularité mais en toute sincérité, je m'en fiche royalement. De nature modeste, je n'ai pas pour ambition de me vanter d'autant plus que je sais pertinemment à qui je dois ma réussite: je n'ai jamais oublié qu'un jeune homme m'a tendu la perche alors qu'il n'avait rien à y gagner en retour et quoi qu'il arrive, je me suis promis de lui en être éternellement redevable. Grâce à Randy, j'ai compris la véritable signification du mot amitié durant ces derniers mois. A partir du moment où il est venu me porter secours, il a décidé de me prendre sous son aile et en toute objectivité, il n'a pas fait les choses à moitié. Dès le début de notre entente, il m'a procuré des conseils précieux jouant finalement le rôle du grand frère que je n'avais jamais eu. Au départ, je me suis montré extrêmement frileux: j'avais alors eu du mal à mettre un pied devant l'autre sachant que je bénéficiais de la protection du maître des lieux. Dans un sens, ma fébrilité était légitime car cette situation était déroutante à bien des égards: j'étais presque embarrassé qu'il m'accorde autant de crédit car je ne voyais pas quelle satisfaction il pouvait en tirer. Par la suite, il a usé de son habileté pour gagner ma confiance et peu à peu, j'ai baissé ma garde réussissant alors à le considérer comme un étudiant à part entière. Ayant brisé les barrières qui me donnaient l'impression que nous appartenions à deux mondes différents, nous pouvons alors aborder des sujets plus personnels et je me surprends même à livrer quelques confidences à Randy. Au détour de chacune de nos discussions, le jeune homme s'évertue toujours à mettre l'accent sur quelques détails qui l'interpellent mais jamais il ne se permet de me juger: c'est tout à son honneur. Parfois, il lui arrive de me bousculer mais son unique but est alors de me faire réagir car il estime que j'ai tendance à me descendre en flèche: or, selon ses dires, cela est sûrement la cause principale de bon nombre de mes désagréments. Persuadé d'avoir mis le doigt sur la faille qui me rend si vulnérable, Randy estime qu'il est temps de remédier à ce problème: jamais à court d'imagination, il m'impose alors de remplir plusieurs défis augmentant toujours la difficulté de chaque mission qu'il m'ordonne d'exécuter. Parfois, il me pousse jusqu'à mes derniers retranchements et je crois à plusieurs reprises que mon cœur sera incapable de tenir la distance. Le jeune homme me fait subir ce traitement de choc durant 10 semaines puis réalisant que j'ai atteint mes limites, il stoppe cet entraînement draconien: épuisé à la fois physiquement et mentalement, il me faut plusieurs jours pour reprendre mes esprits. Ce n'est que par la suite que je réalise la portée de mes actes: Adam est parvenu à me sublimer. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il a eu la faculté de mettre en avant certaines de mes compétences: des qualités dont je n'avais jamais soupçonné l'existence pour la simple et bonne raison que je manquais totalement d'assurance en moi.

Vais-je devenir un autre homme? Je n'en ai pas la moindre idée mais cette perspective ne m'effraie pas réellement. Je sais qu'avec le soutien indéfectible de Randy, je ne risque pas de me planter en beauté: si je file un mauvais coton, il ne tardera pas à tirer la sonnette d'alarme. Moins réservé qu'auparavant, il n'est pas rare que j'accompagne le jeune homme en boîte de nuit lorsqu'il m'invite à le rejoindre pour faire la fête: c'est d'ailleurs à cette époque que je connais ma toute première cuite. Complices comme jamais, Randy et moi-même sommes de véritables virtuoses lorsqu'il s'agit de mettre le feu sur la piste de danse. En fait, il n'existe qu'un seul sujet sur lequel nos avis divergent totalement: le sexe. Certes, Randy est mon mentor mais cela ne signifie pas pour autant que je suis à la lettre le moindre de ses conseils: or, pour le moment, les filles, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Cette seconde année se déroule donc sous les meilleurs auspices mais lorsque le printemps pointe enfin le bout de son nez, je dois affronter quelques coups de blues passagers. La perfection n'étant pas de ce monde, un grain de sable vient semer le trouble dans mon esprit: j'ai beau nager dans le bonheur, il n'en reste pas moins que je me prépare à vivre un épisode douloureux et je suis persuadé de ne pas ressortir indemne d'une telle épreuve. Randy et moi-même avons trois ans d'écart, ce qui signifie qu'à la rentrée, le jeune homme va partir sous d'autres cieux. Au regard de la formidable amitié que nous entretenons, je sais déjà que cette séparation laissera des traces. Plusieurs fois, je vais essayer d'aborder le sujet en sa compagnie mais je tire toujours sur le frein à main craignant de ne pas pouvoir supporter ce que mon frère de cœur va me confier. Finalement, deux semaines avant les vacances d'été, le jour fatidique arrive: le collège organise une fête gigantesque et bien évidemment, Randy et moi-même sommes de la partie. Durant les premières heures, la soirée est uniquement placée sous le signe de l'éclate totale: n'ayant aucun secret l'un pour l'autre, nous n'avons pas besoin de nous concerter pour comprendre ce que l'autre éprouve. On ne se voile pas la face car nous savons ce qui nous attend mais à nos yeux, il est hors de question qu'on se lamente sur notre sort. Le temps des larmes va venir mais pour l'instant, nous voulons simplement nous amuser pour rendre hommage à la belle complicité qui nous unit.

La nuit est déjà bien avancée lorsque Randy me fait signe de lui emboîter le pas. Le gong a retenti et je sens déjà mon cœur battre la chamade: j'aurais alors tout donné pour remonter le temps mais il m'est impossible de reculer. Je prends donc mon courage à deux mains et je le suis me frayant un chemin au milieu de la foule: malgré le bruit assourdissant qu'il y a tout autour de moi, je n'entends déjà plus rien car j'ai rejoint ma bulle. Quelques minutes plus tard, on se retrouve dans les gradins qui surplombent le terrain de foot du collège: ce n'est d'ailleurs pas le simple fruit du hasard si Randy m'a conduit jusqu'ici. Ce lieu est symbolique pour notre duo car c'est à cet endroit précis que l'on s'est réuni chaque fois que l'on a ressenti le besoin de se faire des confidences. Un silence de plomb nous entoure et seul le vent manifeste sa présence en venant nous balayer les cheveux. L'émotion est omniprésente et je crois l'espace d'un instant qu'on restera planté ici pendant des heures sans avoir le courage de placer un mot. Puis, contre toute attente, Randy se jette à l'eau...

- Si quelqu'un m'avait dit il y a 4 ans que tout ceci pourrait me manquer, je lui aurais ri au nez. Pourtant, je me rends compte aujourd'hui que quitter ce bahut ne sera pas chose aisée.

- Tu vas aussi laisser un grand vide derrière toi. Tout le monde t'aimait dans cet établissement.

- Tu le crois réellement? Moi, je n'en suis pas aussi sûr que toi.

- Qu'est ce que tu me chantes? Cela se voit comme le nez au milieu de la figure.

- Tu sais Elias, méfie-toi des apparences, elles sont souvent trompeuses. Je t'ai enseigné beaucoup de leçons depuis que nous nous sommes liés d'amitié tous les deux mais celle-ci est sans aucun doute la plus importante de toutes.

- Que veux-tu dire par là? J'ai du mal à te suivre.

- C'est pourtant simple: je pars du principe qu'il vaut mieux être trop prudent que trop naïf. Or, ce que tu contemples au quotidien dans ce collège n'est en réalité que la partie émergée de l'iceberg. Ce que les gens disent tout haut n'est pas toujours le reflet de ce qu'ils pensent véritablement.

- En clair, tu voudrais me faire avaler que ta popularité légendaire est largement usurpée?

- Pas forcément, c'est plus compliqué que cela. Je prétends juste qu'elle est surfaite dans ce sens où elle pourrait partir en fumée du jour au lendemain. Il suffirait qu'un beau gosse richissime débarque dans l'établissement et je suis pratiquement certain que si il avait en tête de vouloir me détruire, il parviendrait facilement à changer les mentalités de beaucoup d'étudiants. Il faut être réaliste, ce sont les clichés qui font vivre un collège: le respect est une notion qui a perdu de son sens de nos jours.

- Mais alors, pourquoi tout le monde te montre autant d'estime dans ce bahut?

- Je n'ai jamais cherché à ce que cela se produise, j'ai simplement eu de la chance. Il se trouve que lors de ma seconde année, on m'a offert l'opportunité de devenir le capitaine de l'équipe de football du collège. Comme je suis passionné par ce sport depuis ma plus tendre enfance, j'ai accepté la place et à partir de ce jour, tout a changé. Aux yeux des autres, j'étais devenu la star de l'établissement.

- Tu es sérieux? J'en reviens pas, c'est un scénario que je n'aurais jamais pu imaginer

- Tu comprends maintenant pourquoi je te dis que tout ceci n'a rien de glorieux? Demain, je partirai et un autre capitaine serra nommé pour me remplacer. Il deviendra la nouvelle coqueluche du collège et on m'aura oublié en un éclair: personne ne me regrettera...

- Si, moi tu me manqueras énormément. Au cas où tu l'aurais oublié, tu es mon frère de coeur.

Randy me sourit m'observant sans dire un mot: il n'a pas besoin de me répondre car son émotion se lit sur son visage. Par la suite, il me prend dans ses bras et me tapote le dos: je me retiens alors pour ne pas craquer. L'accolade terminée, il me fait un clin d'oeil puis nous restons muets quelques minutes. Une fois de plus, c'est Randy qui brise le silence ambiant.

- Avant que nos routes se séparent, je me dois de te raconter une anecdote. Cependant, avant d'aller plus loin, j'avais une question à te poser.

- Je t'écoute frérot.

- Je peux me tromper mais j'ai l'intime conviction que tu n'as jamais osé me demander pourquoi je t'avais apporté mon soutien il y a un peu plus d'un an, est-ce vrai?

- C'est énervant à reconnaître mais tu lis en moi comme dans un livre. Je plaide coupable: j'avoue qu'encore aujourd'hui, je ne pige pas ce qui t'a poussé à intervenir en ma faveur.

- Finalement, c'est un moment idéal pour te dévoiler ce secret. Ce que je ne t'ai jamais raconté, c'est qu'il y a 4 ans, j'effectuais moi-même mes premiers pas dans ce collège. A l'époque, je n'étais qu'une pâle copie du jeune homme que je suis devenu à présent: je portais des lunettes et un rien était capable de m'intimider. Et comme j'étais très doué en cours, mes camarades de classe ont eu vite fait de me considérer comme le pestiféré de service. J'ai subi des humiliations que je ne souhaiterais même pas à mon pire ennemi: lorsque je rentrais chez moi, je m'enfermais dans ma chambre et je pleurais toute la nuit. Je pensais que ce cauchemar allait perdurer éternellement puis un beau matin, alors que des élèves tentaient de m'enfermer dans mon casier, un étudiant m'a porté secours. Ce collégien, je le connaissais bien et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il ne passait jamais inaperçu dans les couloirs de l'établissement. Il s'appelait Francesco et lorsque j'ai débarqué ici, c'était une star qui n'avait pas d'égal au sein de ce bahut. Il a continué de surveiller mes arrières avant de devenir mon mentor. C'est lui qui m'a tout enseigné, je lui dois tout car sans son aide précieuse, qui sait ce que j'aurais pu commettre comme bêtise. Il a fini par tracer sa route mais je me suis juré qu'un jour, je lui rendrai hommage à ma manière. Alors, il y a un peu plus d'un an, quand je t'ai aperçu au milieu de cette cour en train de te faire bombarder de boules de neige, j'ai eu l'impression de revenir dans le passé: je me suis vu à travers toi. A partir de ce moment, tout m'a paru clair comme de l'eau de roche: c'était à mon tour de prendre le relais de Francesco. Je me suis senti investi d'une mission et je suis heureux de l'avoir mené à bon terme.

Son récit me bluffe si bien que je reste sans réaction lorsqu'il a terminé de le conter. Notre discussion s’achève alors que le soleil vient tout juste de se lever: Je quitte mon frère de coeur non sans avoir versé quelques larmes. Ce fut la dernière fois que je le vis de mes propres yeux: quelques mois plus tard, il s'évapora dans la nature et je n'entendis plus jamais parler de lui. Encore aujourd'hui, Randy demeure ancré dans un coin de mon esprit pour la simple et bonne raison que je le considère désormais comme mon guide spirituel. " Nous ne sommes jamais aussi heureux que lorsque l'on procure du bien-être à ses proches " avait-il l'habitude de me confier. A présent, cette philosophie est devenue mienne...

4) La plongée en enfer

L'été passé, j'entame donc ma troisième année au collège. Comme toujours, je ne suis pas l'élève le plus brillant de ma classe mais je n'ai aucun mal à obtenir de bonnes notes dans toutes les matières. Une certaine routine s'est installée dans mon existence mais je ne m'en plains pas: à cette époque, je suis encore sage et je ne suis pas du genre à m'embarquer dans des aventures rocambolesques. Depuis le départ de Randy, je n'ai plus personne sur qui m'appuyer mais cela m'est égal: je me suis constitué un petit groupe d'une dizaine de copains et cela suffiit à mon bonheur. Tout semble me sourire et je crois plus que jamais à ma bonne étoile.

Du jour au lendemain, mon comportement évolue alors négativement. Sans être un fouteur de merde, il m'arrive de perturber les cours histoire de titiller mes profs mais je veille tout de même à ne pas pousser le bouchon trop loin. J'attire également le regard de séduisantes demoiselles et si jusqu'à présent, je me suis évertué à les ignorer, je ne me risque plus à dire que je demeure insensible à leur charme. Néanmoins, je ne perds pas le nord et certaines collégiennes ont beau me convoiter, je repousse toujours leurs avances sans pour autant ne pas être flatté par leur proposition. L'élève studieux, que j'étais autrefois, s'est néanmoins largement lâchée. Difficile de savoir si je traverse ou non ma crise d'adolescence mais il est vrai que je développe alors un côté rebelle: à plusieurs reprises, je désobéis d'ailleurs à mes parents sortant en cachette pour rejoindre la boîte de nuit la plus branchée de notre quartier. Est-ce un résultat de cause à effet? Toujours est-il qu'à cette époque, ma relation avec ma mère devient presque glaciale. Elle craint que je finisse par filer un mauvais coton et elle tente tant bien que mal de me raisonner avec toute la douceur habituelle qui la caractérise. Seulement, chacune de ses tentatives est vouée à l'échec car durant cette période, je n'apprécie guère qu'on critique ma façon de vivre même si cela part d'un bon sentiment. Je lui réponds souvent sans ménagement puis je file alors dans ma chambre m'enfermant à clé tout en mettant la musique à fond. Souvent, je regrette d'avoir été si brutal à son égard mais je suis bien trop fier pour avouer que j'ai tort. Si j'avais su qu'un drame si terrible allait se produire par la suite, j'aurais sans doute réfléchi à deux fois avant de me montrer si borné...

L'hiver vient à peine de s'achever et la nature revêt sa plus belle robe. La douceur est également au rendez-vous et j'ai donc décidé d'effectuer une ballade en compagnie de Sultan, mon berger allemand. Mon collège est fermé pour la journée car quelques travaux de rénovation doivent y être effectués mais cela n'a pas eu pour effet de me transporter de joie. Mon père s'est absenté afin d'aller voir un vieil ami et comme il a accaparé la voiture, il m'est impossible de rejoindre le centre-ville de Chicago. Cela me fout en rogne et dans un excès de colère, c'est ma mère qui en prend encore pour son grade. Comme d'habitude, je désapprouve ma façon d'agir mais je n'ai eu aucun geste d'affection envers elle. D'ailleurs, je sors de la maison sans lui adresser la parole croisant rapidement son regard sans afficher pour autant un petit sourire qui aurait eu le mérite de la réconforter. Au cours de cette promenade, je profite alors de ma solitude pour remettre en cause certaines de mes actions. J'ai passé l'essentiel de ces derniers mois à profiter de la vie: sur le fond, ce n'est pas critiquable car il est logique que je m'amuse à mon âge. Néanmoins, j'ai employé des méthodes qui bafouent les principes que Randy m'a inculqué et avec le recul, je comprends que moi-même, je ne supporte pas cet adolescent capricieux que j'ai si souvent incarné récemment. Galvanisé par ma réussite récente, j'ai sans doute pris la grosse tête sans le vouloir mais il n'est pas trop tard pour corriger le tir.

Achevant cette ballade de meilleure humeur que je ne l'ai débuté, je pénètre dans la maison avec une idée fixe en tête: prendre ma mère entre quatre yeux afin de lui présenter mes excuses. Je ne peux pas le nier: en la blessant, je me suis conduit comme le pire des crétins et je traîne un poids sur mes épaules en sachant qu'elle a souffert par ma faute. J’espère être en mesure de recoller les morceaux mais je ne doute pas du fait que ma démarche lui ira droit au cœur. Cependant, je suis subitement habité par un sentiment d'angoisse lorsque suite à mes appels répétés, ma mère ne daigne pas me rejoindre dans le salon. Est-il possible qu'elle me boude? Je ne le crois pas une seule seconde. Un frisson parcourt mon dos et je ravale alors ma salive comme si implicitement, j'avais soudainement compris qu'une catastrophe s'était produite en mon absence. Mes craintes se confirment un peu plus lorsque Sultan aboie bruyamment. Paralysé par la peur, je demeure d'abord inerte puis dans un élan de panique, je fonce dans la cuisine en espérant sauver ce qui peut l'être encore. Le spectacle, que je vois alors, m'horrifie au-delà de ce qu'il est possible de supporter: ma mère git sur le sol et elle ne bouge plus. Elle parait si paisible qu'elle donne l'impression de dormir: j'aimerais tant que cela soit le cas. Malheureusement, la réalité est toute autre et j'ai beau la secouer avec énergie, elle n'esquisse pas le moindre geste. Totalement dépassé par les événements, je tremble comme une feuille et j'ai la désagréable sensation de ne plus pouvoir respirer: je m'agenouille d'ailleurs auprès de mon ange gardien me recroquevillant sur moi-même tout en priant pour que la douleur qui envahit ma poitrine ne soit que passagère. Après quelques minutes, celle-ci s'estompe et avec l'énergie du désespoir, je me jette sur le téléphone pour joindre les secours: désemparé, je suis débordé par mes émotions et je dois m'y reprendre à plusieurs reprises pour indiquer que j'ai besoin d'aide de toute urgence. Une fois l'appel terminé, je ferme les yeux tout en implorant le ciel pour que celui-ci épargne ma mère: sans elle, je crains de ne plus être que l'ombre de moi-même.

Appuyé contre un mur, j'observe la ronde incessante des médecins de l'hôpital. Voilà à peine dix minutes que nous sommes arrivé sur place et évidemment, on ne m'a pas autorisé à suivre ma mère jusqu'à la salle de réanimation. Je ne pleure plus mais je suis sans aucun doute dans un état second: l'attente me semble interminable mais si je suis impatient que quelqu'un me donne des nouvelles de mon ange gardien, je redoute tout aussi bien que ce moment arrive d'un instant à l'autre. Il est vrai que de demeurer dans l'ignorance met chaque parcelle de mon corps au supplice mais au moins, je garde toujours un mince espoir de revoir ma mère en vie. Mais que va-t-il advenir de ma personne lorsque le couperet finira par tomber? Plongé dans mes pensées, je sors de ma torpeur lorsque je perçois la voix de mon père: je lui ai téléphoné dès mon arrivée à l'hôpital lui expliquant la gravité de la situation sans pour autant rentrer dans les détails. Je crois que son premier réflexe sera de me prendre dans ses bras dans la mesure où j'ai plus que jamais besoin d'une épaule réconfortante sur laquelle m'appuyer mais à ma grande surprise, il n'en fait rien et se contente de me poser une multitude de questions tout en me jetant un regard noir qui me glace le sang. Je n'ai guère le temps de répondre à ses interrogations car au même moment, un médecin nous interpelle. Au ton qu'il emploie, je réalise tout de suite que mes dernières illusions viennent de s'envoler: ma mère a rejoint le paradis et le destin m'a par la même occasion poignardé en plein cœur. Et dire qu'elle s'en est allée sans que je puisse lui confier combien je l'aimais...

Les semaines qui suivent cette tragédie sont sans doute les plus pénibles de ma courte existence. Contre vents et marées, je crois alors que je vais trouver refuge auprès de mon père afin que celui-ci m'empêche de succomber à cette déprime qui me tend les bras mais contrairement à ce que j'imagine, ma descente aux enfers est loin d'être terminée. Incapable de me remettre du décès de ma mère, Vincenzo sombre dans l'alcoolisme dans le seul but de pouvoir y noyer son chagrin. Dans un premier temps, cela n'affecte pas son comportement mais petit à petit, nombre de ses faits et gestes deviennent incohérents. Ayant joué la carte de l'indifférence jusqu'alors, je réalise qu'il est de mon devoir d'intervenir au plus vite avant qu'une catastrophe ne se produise. Ignorant d'abord mes remarques, mon père finit par commettre l'irréparable: rongé par le remord, il prend pour habitude de pester contre la terre entière mais si ce contexte n'a rien d'alarmant, la situation s'aggrave considérablement lorsqu'il décide de me désigner comme le seul responsable de tous ses malheurs. Dès lors, je suis la cible de toute cette souffrance qu'il tente d'expulser de son cœur: il me blesse à diverses occasions en criant haut et fort que c'est mon manque de sang-froid qui a précipité la mort de ma mère. Atterré par tant de méchanceté et totalement détruit psychologiquement, je sens des idées noires envahir mon esprit: au bord du précipice, je suis souvent à deux doigts d'attenter à mes jours. Je ne dois alors ma survie qu'à mon compagnon le plus fidèle qui m'apporte un soutien de tous les instants. Une nuit, Sultan effectue même une intervention décisive usant de sa malice pour réveiller mon père alors que je m'apprête à trancher mes veines avec une lame de rasoir. Les semaines s'écoulent mais aucune lueur d'espoir ne semble poindre à l'horizon.

5) La renaissance

Mon rayon de soleil? Je vais l'entrevoir en croisant la route de Donna. Depuis la disparition de ma mère, j'ai pris l'habitude de traîner dans le parc du coin en compagnie de Sultan: cela me permet d'oublier l'espace d'une heure ou deux, le cauchemar quotidien que me fait endurer Vincenzo. Un soir, je suis à bout de souffle et je m'assois sur un banc pour pleurer toutes les larmes de mon corps. Je pense être seul lorsque soudainement, une douce voix me sort de ma torpeur. Je croise alors le regard d'une charmante demoiselle et celle-ci semble s'inquiéter de me voir dans un tel état. J'essaye de la convaincre que c'est un simple coup de blues mais visiblement, elle n'en croit pas un mot. Je refuse d'abord son soutien mais comme elle se montre têtue, j'accepte finalement de la suivre jusqu'à son domicile. D'habitude si réservé, je me surprends alors à ouvrir mon coeur à une simple inconnue. Cette nuit-là, elle me prêtera d'ailleurs une oreille attentive jusqu'au petit matin: touché par tant de compassion, je la remercie de m'avoir tendu la main. De son côté, elle semble réellement heureuse de m'avoir soulagé d'un poids et me confie qu'au moindre soucis, elle acceptera volontiers que j'emménage chez elle.

A ses côtés, je vais rapidement m'épanouir et notre complicité ne semble d'ailleurs souffrir d'aucune faille: un lien spécial nous unit et notre relation dépasse le simple cadre de l'amitié. Rapidement, Donna décide de me prendre sous son aile me considérant comme le frère qu'elle aurait toujours désiré avoir au plus profond de son coeur. Nous n'avons aucun secret l'un pour l'autre et l'on s'aide mutuellement dès qu'un problème apparaît dans notre vie. Néanmoins, même si tout semble nous rassembler, nous passons un pacte ensemble: quoi qu'ils puissent arriver, nous ne formerons jamais un couple. Pour quelle raison? A nos yeux, notre relation est bien trop belle pour qu'un risque inutile soit pris. Or l'amour est souvent à double tranchant: si ce sentiment peut mener au nirvana, il est également capable d'éloigner deux êtres qui semblent pourtant inséparables.

En l'espace de deux mois, Donna a réussi l'exploit de me rebooster le moral. Ayant fait le choix d'arrêter temporairement mes études, j'ai beaucoup de temps libre et je ne quitte plus ma soeurette de coeur d'une semelle. Quand on désire être au calme, on se ballade ensemble dans les différents quartiers de la ville mais en revanche, dès qu'on a besoin d'un peu d'action, on se débrouille toujours pour se mettre dans des plans foireux. Une chose est certaine en tout cas: c'est qu'on ne s'ennuie jamais dès lors qu'on est réuni. Malheureusement, le destin semble avoir une dent contre moi. A peine ai-je eu le temps de souffler un peu qu'il va à nouveau s'arranger pour me passer sur le corps.

Voilà près d'un an que Donna est rentrée dans ma vie. Je sais ce que je lui dois et je me rends compte que je ne l'ai jamais vraiment remerciée de m'avoir sauvé la mise. Je veux marquer ce jour d'une pierre blanche et j'ai donc dans l'idée de lui préparer une fête surprise. J'y travaille depuis bientôt une semaine et je ne cache pas que je piaffe d'impatience de voir sa réaction: j'imagine déjà son magnifique sourire qui illuminera son visage et cela remplit mon coeur de joie. A mon grand désespoir, il ne verra pourtant jamais le jour. A la veille de cet événement, Donna me contacte pour m'annoncer qu'elle doit quitter Milan sur-le-champ: suis-je donc maudit pour l'éternité?

La pilule digérée, je n'ai pas vraiment le temps de me reposer sur mes lauriers. En effet, je dois déjà préparer ma rentrée et avec le retard que j'ai accumulé au cours de ces derniers mois, j'ai véritablement du pain sur la planche. En règle générale, personne n'aime reprendre le chemin des cours mais en ce qui me concerne, j'ai hâte de redevenir un étudiant comme tous les autres: j'aspire simplement à vivre loin des tracas. Pourtant, lorsque je pénètre dans l'établissement, mon corps tout entier se crispe: des brides de mon adolescence me reviennent en mémoire et ayant perdu tous mes repères, j'ai peur de subir les mêmes tortures que par le passé. Les questions se bousculent dans mon esprit tandis que j'avance péniblement dans les couloirs de mon bahut. C'est l'heure de pointe et comme je me déplace avec la grâce et l'élégance d'un manchot boiteux, je ne tarde pas à devenir un plot pour les autres étudiants. On me bouscule à de nombreuses reprises et je dois parfois affronter des regards moqueurs: tout semble se liguer contre moi.

Arrivé devant mon casier, je tente désespérément de l'ouvrir mais même cet enfoiré a l'air décidé à me faire chier aujourd'hui. C'est alors qu'un miracle se produit: contre toute attente, une délicieuse inconnue vole à mon secours. Je suis subjugué par sa beauté à tel point que j'arrive à peine à balbutier quelques mots: heureusement que le ridicule ne tue pas. Bien évidemment, je ne risque pas de refuser son aide mais j'aimerais tout de même dégager un peu plus d'assurance histoire qu'elle ne me prenne pas pour un débile profond. Nos regards ce croisent et elle m'offre alors son plus beau sourire: il n'en faut pas plus pour me déstabiliser. Envoûté par le charme qui se dégage de cette somptueuse créature, je suis totalement à côté des mes pompes tant et si bien que je fais tomber un livre à terre. Maladroit au possible, je m'empresse alors de vouloir le ramasser mais visiblement, je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Involontairement, je frôle la main de la jeune femme et je ne peux alors m'empêcher de me perdre dans ses yeux pétillants. Le temps semble soudainement s'être arrêté: une nouvelle romance vient de voir le jour.

L'étudiante dont je suis tombé éperdument amoureux s'appelle Cheryl Renfield. Je sais que cela peut paraître grotesque à bien des égards quand on ne croit pas au coup de foudre mais j'ai eu cette beauté divine dans la peau à l'instant-même où j'ai croisé son regard de braise. Depuis que nous sommes ensemble, ma vie a radicalement changé. C'est elle qui fait battre mon coeur, qui me redonne le sourire quand tout va mal, qui me fait pleurer de joie dès qu'elle me complimente ou de tristesse quand je la vois souffrir. La jeune femme est l'oxygène de ma vie: me retrouver sans elle pendant plus d'une journée c'est comme connaitre l'enfer pendant plus de 24 heures. Cheryl est aussi ravissante qu'un couché de soleil en plein été, aussi adorable qu'un petit tigre aux premières lueurs de sa vie, aussi précieuse que la plus belle parure de bijoux de ce monde. Lorsqu'elle n'est pas à mes côtés, j'ai souvent l'impression de n'être plus rien. Pour la première fois de ma vie, je suis donc amoureux et le moins que l'on puisse dire, c'est que cela me réussit bien. L'affection que ma compagne m'offre au quotidien me galvanise et me donne envie d'aller de l'avant. Or, je sais qu'un projet me tient tout particulièrement à coeur et je me dis que le moment est peut-être venu de le concrétiser.

Plongé dans la musique dès mon plus jeune age, j'ai vite appris à accorder beaucoup de crédit aux chansons qui pouvaient traverser ma vie: bien sûr, il m'arrive de ne pas me retrouver dans une mélodie et dans ce cas, je l'oublie en un simple claquement de doigts. En revanche, dès que j'éprouve la moindre émotion alors je sais déjà que cette musique restera à jamais graver dans ma mémoire: en réalité, il me suffit souvent de quelques secondes pour prendre une décision. Comme souvent, je laisse mon cœur me dicter ses choix: une simple vibration et la décision s'impose alors d'elle-même. Si je possède un coté solitaire, je reste en permanence connecté avec le monde de la musique. Lorsque je ressens le besoin de m'éloigner de mes amis ou simplement du monde extérieur, je laisse alors une mélodie s'emparer de chaque parcelle mon corps: selon mon humeur du moment, cette chanson peut tout aussi bien me procurer un bonheur intense qu'une peine des plus profondes. C'est ainsi que dans ces moments de solitude, je peut parfois paraitre complètement absent comme si son âme s'envolait alors vers d'autres cieux. Si ma sensibilité n'y est surement pas complètement étrangère, j'ai moi-même du mal à expliquer ce lien si étroit qui me rapproche de la musique mais une chose est évidente à mes yeux: au fil du temps, cette passion est devenue ma raison de vivre.

N'étant pas un chanteur hors paire, je me focalise avant tout sur la danse: selon mes proches, c'est un domaine dans lequel j'ai toujours excellé. Je ne sais pas d'où me provient ce talent mais j'ai fait en sorte qu'il ne s'effrite pas avec le temps. Si j'adore que mon corps s'exprime au travers de la musique, c'est que j'ai toujours entrevu cet art comme une méthode de relaxation. De nombreux hommes sont d'un naturel violent: pour ma part, je n'ai jamais eu l'esprit bagarreur. Je n'ai aucun don particulier pour garder le contrôle de mes nerfs: j'use simplement de malice pour ne pas expulser ma colère quand cela pourrait me porter préjudice. Lorsqu'on met au point une chorégraphie, cela insinue que l'on va dépenser beaucoup d'énergie. Pour ma part, c'est justement dans ces moments-là que je mets mes émotions négatives à contribution afin qu'elles soient utilisées à bon escient.

Désormais déterminé à percer dans ce milieu, j'enregistre plusieurs démos que je me charge d'envoyer à diverses agences situées un peu partout dans le monde. Sans être pessimiste, j'estime que cette technique ne portera pas ses fruits dans l'immédiat et d'un certain point de vue, cela m'arrange à moitié dans la mesure où je n'ai pas envie de quitter Cheryl. Les mois défilent et je ne reçois toujours aucune réponse: cela me chagrine mais j'oublie vite ma peine en demeurant dans les bras de ma dulcinée. Intérieurement, je finis tout de même par croire que je me suis emballé un peu vite: après tout, ne faut-il pas être pistonné dès le départ pour s'imposer dans un tel monde?

J'imagine donc m'être planté en beauté quand un beau matin, un appel inattendu va me propulser dans la cour des grands. L'une des agences les plus populaires de Londres m'invite à passer un casting me précisant que si je suis sélectionné parmi les meilleurs, je serai directement amené sur le devant de la scène. Je n'en crois pas mes oreilles et je dois d'ailleurs me retenir pour ne pas hurler ma joie au téléphone. Puis brusquement, ma voix se crispe et je demande à l'établissement si celui-ci peut m'accorder un délai de réflexion. Par chance, j'obtiens gain de cause: j'ai désormais trois jours pour me décider.

On dit que l'amour triomphe de tout: ce ne fut pas le cas cette fois-ci. Quand Cheryl comprit face à quel dilemme je me retrouvais, elle trancha dans le vif pour moi m'encourageant à vivre mon rêve de gosse. A lui seul, ce sacrifice suffisait à résumer la personnalité de la jeune femme: sa maturité n'avait d'égal que sa gentillesse.

6) Où est donc la gloire sans amour?

Je prends donc le risque de consacrer désormais toute ma vie à la musique: une décision à double tranchant. Heureusement pour moi, le succès est au rendez-vous et l'essai s'avère concluant me permettant de plonger dans un monde à la fois fantastique et dangereux. Mais si en apparence, tout semble de nouveau me réussir, la réalité est plus sombre. Intérieurement, je suis un jeune homme blessé et abattu et comme toutes les portes me sont désormais ouvertes, je dispose de tous les moyens nécessaires et utilisables pour oublier que je souffre. Ainsi, je pars rapidement à la dérive usant de nombreuses drogues pour soulager ma peine: n'ayant plus personne pour me guider, l'engrenage devient inévitable. Ne crachant pas sur l'alcool, je joue alors à la roulette russe avec ma propre santé: le mélange drogue-alcool créant un cocktail des plus explosifs. Durant les premiers mois, je continue de monter sur scène sans le moindre soucis: mon énergie débordante surprend d'ailleurs plusieurs observateurs. Puis brusquement, une chute vient ponctuer l'un de mes spectacles indiquant que j'ai sans doute trop puiser dans mon réservoir. Voulant à tout prix me racheter, je franchis une nouvelle fois la ligne blanche: ce sera alors la goutte d'eau qui fera déborder le vase. Devenu totalement dépendant aux drogues que j'ingurgite, je suis victime d'une overdose dans ma loge alors que j'allais monter sur scène. Conduit à l'hôpital, mon état suscitera de nombreuses inquiétudes durant plusieurs jours que je passerai entre la vie et la mort. Le destin ayant décidé de m'accorder une seconde chance, je me remets finalement sur pieds au bout de plusieurs mois subissant d'ailleurs une cure de désintoxication des plus intenses pour laisser la drogue derrière moi. Particulièrement marqué par cette erreur de parcours, je suis traumatisé à l'idée de remonter sur scène comprenant que la popularité ne me conviendra sans doute jamais. En guise d'adieu, j'effectue alors un dernier spectacle au cours duquel j'aurai la chance de côtoyer quelques idoles que j'ai toujours admiré: pour la première fois depuis bien longtemps, j'éprouve alors l'envie d'afficher un sourire sincère. Pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai tout simplement la volonté d'être heureux.

Le succès que j'ai rencontré éveille la curiosité de nombreux producteurs qui m'offrent tour à tour des contrats faramineux pour obtenir mes faveurs. La tentation est grande mais je refuse pour le moment de retourner dans un monde dans lequel je n'ai pas su gérer ma popularité. J'envisage alors de rentrer à Milan quand un homme me propose de débuter une carrière dans la mode. Au début, cette opportunité ne me tente guère mais un élément inattendu va considérablement changer la donne. L'individu m'a convaincu de venir faire un tour à son agence et même si je compte rester ferme sur mes positions, ma curiosité légendaire me pousse à partir à la découverte de cet univers qui m'intrigue. Arrivé sur place, je fouine un peu partout lorsque brusquement, une voix familière me sort de mes pensées. J'ai peine à y croire et pourtant, mes yeux ne me mentent pas: Donna est là juste devant moi. Nous jetant dans les bras l'un de l'autre, je ne cache pas ma joie de retrouver cette jeune femme qui a marqué ma vie de son empreinte. Durant plus d'une heure, les anecdotes fusent tant et si bien que sans le vouloir, notre duo devient l'attraction principale de l'agence. Nous rayonnons de bonheur et nos petits délires ne tardent pas à remonter à la surface.

Bien que je ne lui ai pas posé la question, Donna m'explique alors pourquoi elle est partie si brutalement de Milan 6 ans plus tôt. L'une de ses petites sœurs avait contracté une leucémie et son état de santé s'était tellement dégradé qu'elle avait décidé de tout plaquer pour être à ses côtés. Des larmes coulent sur ses joues et j'imagine alors par quelles souffrances elle a dû passer: en guise de réponse, je décide de lui accorder un câlin afin qu'elle sache que pour ma part, le chapitre est clos. C'est le directeur de l'agence qui vient interrompre notre accolade: celui-ci semble surpris que je connaisse Donna dans la mesure où elle est la star de son agence. Ne tournant pas autour du pot, il me demande alors si j'ai réfléchi à sa proposition. J'ai toujours la volonté de la repousser mais ma sœurette de coeur ne semble pas l'entendre de cette oreille. Elle utilise toutes les techniques possibles et imaginables pour m'amadouer tant et si bien qu'au bout d'une dizaine de minutes, elle obtient gain de cause: j'accepte donc de devenir mannequin. Une nouvelle aventure débute...

Celle-ci durera plusieurs années. Donna et moi-même devenons le couple phare de l'agence et même si nous ne sommes pas amoureux l'un de l'autre, nous adorons poser ensemble et l'on prend même un malin plaisir à se jouer des médias. Nous sommes invités à de nombreux défilés tant et si bien que nous voyageons partout à travers le monde. Même si je n'ai jamais poursuivi le but d'être mannequin, j'admets volontiers que je me fonds parfaitement dans le moule et que les louanges que je reçois décuplent mon ambition. Néanmoins, c'est un métier exigeant qui demande énormément de sacrifices: au fil des ans, la fatigue commence à me gagner. Quelques doutes finissent par m'envahir mais je me garde bien d'en informer Donna. Dans un sens, je n'ai pourtant aucune raison de vouloir tout arrêter: je suis riche, célèbre, reconnu dans le monde entier sans compter que j'ai la chance d'être auprès de la personne qui compte le plus à mes yeux dans mon existence. Du moins, c'est ce que je crois...

Un soir, alors que je suis dans ma chambre d'hôtel, j'allume la télé en espérant trouver un programme intéressant à suivre. Les chaînes défilent mais aucune émission ne correspond à mes attentes. Je suis donc sur le point d'éteindre le poste quand brusquement, j'ai la vague impression d'être victime d'une hallucination. J'ai beau regarder l'écran avec insistance, je n'arrive pas à en croire mes yeux: la jeune femme que j'aperçois n'est autre que Cheryl Renfield. Sous le coup de l'émotion, j'ai bien du mal à reprendre mes esprits mais visiblement, mon ex-compagne serait donc devenue une styliste de renommée. Sa réussite me ravit mais j'admets que je suis complètement à la rue: aurais-je soudainement réalisé que je l'avais toujours dans la peau?

Durant près d'un an, je vais alors tout tenter pour l'oublier essayant à tout prix de chasser son image de mon esprit: je n'y parviendrai pas. J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je fais chaque fois le même constat: Cheryl me manque. Je me terre alors dans le silence pour ne pas dévoiler cette souffrance qui me ronge de l'intérieur. Seulement voilà, je me connais et je n'ai pas envie de me laisser abattre comme j'ai pu le faire par le passé. Déterminé à retrouver la trace de la femme que j'aime, je finis par découvrir qu'elle vit à Los Angeles depuis peu. Sans attendre une seconde de plus, je rassemble alors toutes mes affaires pour sauter dans le premier avion qui me conduira jusqu'en Californie.

Voilà désormais deux semaines que je suis installé en ville mais pour le moment, je n'ai pas tenté la moindre approche pour reprendre contact avec Cheryl. Parfois, je me risque à aller sur son lieu de travail et il m'est même arrivé de l'observer alors qu'elle se tenait à quelques mètres de moi. Pourquoi ne vais-je pas plus loin? Simplement parce que je crains sa réaction. Même si elle m'avait donné son accord, je n'oublie pas que c'est moi qui suis parti l'abandonnant alors que nous avions tout pour être heureux ensemble. Comment être certain qu'elle ne m'en a pas voulu? Qui me dit qu'elle ne m'a pas oublié avec le temps pour éviter de souffrir inutilement? De mon côté, je sais que je veux absolument la reconquérir mais le premier pas est le plus difficile à franchir. Il faut que je me lance prochainement avant de perdre le peu de raison qui me reste: le destin fera le reste...

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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Dim 30 Oct - 11:10

Je vais juste te demander d'ajouter les images à ta fiche, s'il te plait :3
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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Lun 31 Oct - 14:35

Re Welcome :)
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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Jeu 10 Nov - 11:16

Toutes mes excuses je n'avais pas vue que tu avais posté *-*

Yeah,fiche validée!

❝ Level 1 cleared ❞

Bravo, je te souhaite la bienvenue sur le forum, j'espère que tu te plairas ici et qu'on te verras encore longtemps C:

Maintenant que tu as passé cette étape, voila un petit récapitulatif de ce que tu devrais faire en premier sur notre forum:

@ Remplir tous les champs de ton profil
@ Faire ta fiche de liens [ICI] et si tu veux, celle pour tes rp [ICI]
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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   Jeu 10 Nov - 17:44

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MessageSujet: Re: Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"   

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Elias Bruno De Nofio: When I want some, I'll take it!"
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